
Événement 0 poursuit son épopée dans le 93 et pose ses valises au 6B pour sa toute première exposition.
À l’occasion de ces ténébreuses réjouissances, près de d’une vingtaine d’artistes ont été conviés à présenter leurs contributions à cet Obscur Atlas fait de formes fixe et mouvantes, d’œuvres inertes et tactiles, de paroles poétiques et de danses cryptiques.
Leur quête de l’Obscur fera lumière sur des contenus cachés des mondes réels et fictionnels présentés dans la forme d'espaces allégoriques, d'alphabets cryptés, de mondes microscopiques et d'alter-égos fantastiques.
Leurs identités : Olivia Hespel-Obregon, Camille Soulat, Mathieu Rathery, Marie Ward, Audrey Predhumeau, Célia Boulesteix, Sidonie Ronfard, Mathias Mary, Laura Sifi, Lou Jelenski, Flora Aussant, Juliette Ayrault, Leïla Chaix, Constance Tabourga, Mina Lou, Florian Gauthiero, Imrane Mertad, Gata, Miss Chérie, Messe Basse.
Au 6B, tiers-lieu culturel de Saint-Denis, du vingt-quatre février au dix-sept mars deux mille vingt-deux, s'est tenue la seconde manifestation dans l'espace de nos explorations artistiques.
Initialement pensée pour advenir dans l'espace du Subaru, une ancienne imprimerie offset réhabilitée en habitation autogérée, l'exposition s'est heurtée à un organisme bactériologique microscopique qui l'a paralysée - comme le reste du monde. Passé la crise sanitaire, notre projet collaboratif s'est vu transposé dans d'autres murs.
Si la scénographie s'est vue adaptée de bout en bout, la curation d'origine est restée la même : cette mutation de notre premier Atlas a pu voir le jour grâce à la résilience collective.
L'Atlas s'ouvre sur un vortex.
Il symbolise l'incessante recherche du sens des choses.
La quête pour découvrir et pour comprendre, la volonté de lier entre elles les occurrences de la vie.
Traversant l'histoire et les histoires, vous avez ces convictions, ces fois, ces croyances collectives en la pensée, sa magie intrinsèque, ses absolutions.
Ce que vous êtes et qui vous êtes n'importe pas. Ce qui restera comme empreinte à ma surface seront les formes que vous aurez trouvées à vos existences. Ces formes ne se fixent pas. Ces formes ont tous les sens.
Alors tout ce que vous faites a du sens, et pas plus que l'individu n'existe sans le groupe, tout ce qui articule et fédère la possibilité d'un futur ensemble est plein de sens, ajoute du sens à tout. Et l'Atlas s'écrit.
Car en vérité, je vous le dis : il n'y a pas de destin et il n'y a pas de libre arbitre. Il n'y a que des tentatives de s'opposer toujours et en groupe à la destruction.
Le destin encyclopédique de l'espèce humaine, tous ses secrets enfouis, gisent dans ton giron. Tu attends l'incendie qui mettra feu au sang versé depuis les premiers temps.
Tu ressens la chaleur des corps. Tu veux te fondre dans leur masse brûlante autant que tu la repousses par crainte de t'y dissoudre. Toute ton identité te pèse. Mais ne cesse pas d'être toi, ne te perds pas.
L'Atlas se referme sur un trou noir vivant.